Bienvenue à Auruine, petit Outsider... Tu as suivi le papillon noir, n'est ce pas? Tu n'aurais peut-être pas dû, tu sais...? Mais maintenant, il est trop tard, tu devras t'y faire. Et fais surtout attention a ne pas sortir seul tard le soir...
 
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 Nathan~Le Tyran va te casser les dents

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Julian Hellwalker
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Date d'inscription : 06/03/2012
Localisation : Dans l'ombre d'un arbre...

MessageSujet: Nathan~Le Tyran va te casser les dents   Ven 22 Déc - 9:01

Nathan

"To this day He is a stick of TNT lit from both ends, Could describe to you
in detail the way the sky bends In the moments before it’s about to fall"





       

I- 1, 2, 3, viens donc avec moi.


       


       Prénom et/ou pseudo : Nathan

       Âge : 17 ans

       Origines : Italien

       Arrivée : 2017

       Manie, habitude : Sourire de manière sadique et malmener les gens à tout bout de champs

   Marque : Cœur brisé sur la poitrine

       Groupe : Rouge
       



     

II- 4, 5, 6, je suis ta hantise.


       
Nathan n'est pas une bonne personne, ça il le sait. Il le revendique même parfois. Les bonnes personnes sont faibles, dit-il, et les faibles ne mérite pas le respect. Arrogant, regardant toujours les gens de haut, son attitude lui fait beaucoup d'ennemis mais aussi beaucoup d'admirateur. Il se fiche des uns comme des autres, il y a dans son attitude un certain flegme qui reforce son arrogance, comme si il se sentait au dessus de tout ça. En général très calme, il peut cependant entrer dans des colères noirs et se mettre à tout casser autour de lui. Il a également un besoin maladif de tout contrôler et sous ses aspects de leader charismatique il est en vérité une personne plutot anxieuse.
Seul la violence le rassure sur le pouvoir qu'il a sur les autres mais surtout sur lui-même. Quand il contrôle tout, il se sent en sécurité. On ne peut pas également cacher que son comportement violent recèle une importante part de sadisme, mais le premier s'est développé avant le second. Il a finit par aimer faire souffrir à force de se battre. Au début, c'était juste pour se défendre, pour contrôler sa vie qu'il sentait partir à la dérive. Mais il a finit par prendre goût à ça, son esprit névrosé ayant associé la souffrance d'autrui à sa propre sécurité. Il a à présent besoin de faire souffrir les autres pour se sentir à l’abri.
Mais si vous vous sentez supérieur à lui, c'est une autre histoire. Il se contente de maltraiter les gens qui sont faibles. Mais montrez-lui que vous ne le craignez pas, et là c'est la vrai guerre qui commence. Il fera tout pour vous briser psychologiquement comme physiquement car il se sent en danger. Il agira comme un fauve se battant contre un chasseur et perdra tout les scrupules qu'il aurait pu avoir auparavant -et Dieu sait qu'ils ne sont déjà pas nombreux de base. Cela le rend peut-être plus dangereux que si il ne faisait ça que par plaisir, car nous savons tous qu'une personne est prête à l'innommable pour sa propre survie. Et si, malgré tout ce qu'il vous à fait subir, vous continuez à lui tenir tête, vous pourrez peut-être le voir s'effondrer devant vous, de pleure et de rage de n'avoir put vous briser. Mais soyons honnête, vous n'arriverez pas jusqu'à là.
Le Tyran prend soin de camoufler son tourbillon d'émotions intérieurs derrière une apparence cynique et décontractée semblable à celle des mafieux italiens de vieux films policiers. Les cheveux toujours bien coiffés, habillés de noirs et de blanc, parfois de gris et de rouge mais jamais d'autre couleurs, il étudie soigneusement son style. Il se créer un personnage comme on forge une armure. Dissimulé derrière ce Tyran, Nathan se sait à l’abri. Il sait que personne n'essayera de voir au delà, même ceux qui le prennent de haut et qui le terrifie intérieurement. Son cœur que l'on dit en acier tranchant cache en fait un cœur brisé, marqué d'une plaie putride et boursoufflée horriblement douloureuse.
       



     

 III- 7, 8, 9, sors vite de ton œuf.


       
« Père, je ne veux pas y aller... »
Le bruit du stylo griffonnant la feuille ne s'arrêta pas, c'était le seul bruit encore audible dans cette atmosphère pesante. Le jeune garçon se balançait d'un pied à l'autre, l'angoisse au ventre, attendant une réponse. Il leva les yeux vers son père, toujours en train d'écrire, le regard baissé vers ses papiers. Il déglutit puis après une grande inspiration, il répéta son objection.
« Je...Je n'irais pas, père. »
Malgré tout ses efforts pour sembler sur de lui et décidé, sa voix tremblait. Il avait peur de se mesurer à cet homme. Son géniteur. Ce terrifiant inconnu. Il s'était toujours arrangé pour ne jamais avoir à le faire, du moins pas directement. Mais à présent il n'avait pas le choix.
« Je n'ai pas besoin d'y aller. Mère s'occupe bien de moi et...Et mes résultats sont très bons... » Continua-t-il rapidement en remarquant que le bruit du stylo s'était arrêté et que son père relevait lentement la tête.
« Nathan... »
L'homme soupira, retira ses lunettes et écarta une courte mèche de son front plissé par le stress constant que sa profession lui imposait.
« Tu n'as plus l'âge de trainer dans les jupons de ta mère, il est temps pour toi de rejoindre les garçons de ton âge, d'apprendre à devenir un homme. »
Une boule se forma dans la gorge du jeune garçon.
« Mais... »
Sa voix s'éteint aussitôt qu'il croisa le regard de son père. Froid, dur et perçant. Un regard noir qui stupéfiât l'enfant.
« Pas de mais, Nathan. Ma décision est prise, tu es déjà inscrit de toute façon. »
Nathan inspira un grand coup. Il ne devait pas pleurer. Pas devant son père. Pleurer était une faute grave. Pleurer c'était admettre sa faiblesse. Le fils du célèbre Alexandro Vignali ne pouvait pas être faible, il fallait que son cœur soit comme un morceau de métal. Le métal ne ressent rien, il est solide et suffisamment aiguisé il tranche. C'est cela, Nathan Vignali devait être comme un sabre. Trancher, blesser, conquérir. Comme son père. C'était le seul moyen d'avoir la fierté de ce dernier.
« B-Bien Père... »
L'homme soupira comme si avoir à dialoguer avec son fils était pour lui une tâche pénible. Il se leva de son fauteuil et vint se poser devant le jeune garçon. Il passa une main dans les cheveux de l'enfant d'une manière qu'il voulait affectueuse. Mais Alexandro n'avait jamais été doué avec les enfants, ce contact se rapprochait plus de la caresse d'un maitre sur son la tête de son chien. Nathan conservait les yeux baissés, cette grosse main sur son crâne l'angoissait plus qu'autre chose. Tout l'angoissait à vrai dire. Le monde qu'il avait toujours connu depuis sa naissance allait s'écrouler du jour au lendemain, et il n'y pourrait rien.
« C'est bien, fils... »
Alexandro recula d'un pas, interrompant cette piètre preuve d'affection aussi rapidement qu'elle avait commencé.
« Prépare tes affaires, tu partira dans trois jours. N’emmène que le strict minimum, nous t'enverrons le reste plus tard. »
Il retourna s'asseoir à son bureau, le bruit du stylo reprit. Nathan eut soudain l'impression que tout cela avait été parfaitement inutile. D'une certaine façon, il n'avait pas tord.
« Maintenant, laisse-moi, j'ai une réunion dans quelque heures et je dois me préparer. Et à l'avenir, cesse tes enfantillages, tu es un grand garçon maintenant. »
Nathan hocha silencieusement la tête, il sortit de la pièce en refermant doucement la porte derrière lui. Tandis qu'il revenait dans sa chambre, il s'aperçut que son visage s'était couvert de larmes.
Grand garçon ? Il n'avait que sept ans.

~

Nathan regarda la pile de vêtements sur son lit d'un air désemparé. C'était son premier jour à l'internat et ça commençait déjà mal. Il avait oublié son précieux doudou. Celui que sa mère avait confectionné spécialement pour lui. Il déglutit. Devait-il en informer son père ? Non, certainement pas. Un doudou, c'était un peu comme pleurer quelque part. C'était une faiblesse.
« Ben qu'est-ce qu'il y a le nouveau ? Tu chouine déjà ? »
Nathan ne répondit pas, son colocataire était assez pénible. Ce dernier ne l'aimait pas et il lui avait clairement fait comprendre. Nathan n'avait pas encore retenu son nom, il retenait difficilement les noms. Cependant, il le craignait déjà. Quelque chose n'allait pas chez lui, Nathan le sentait très bien.
« Allez quoi, répond ! »
Nathan se contenta de replier ses affaires, il avait fouillé sa valise de fond en comble. Il se retenait de pleurer, encore. L'angoisse serra son cœur. Il réalisa que sa mère lui manquait déjà horriblement. Oh, bien sur, elle ne parlait pas beaucoup, surtout depuis qu'elle ne bougeait plus de son lit et que l'on avait mis des sortes de tuyaux blanc dans son nez, c'était assez bizarre à voir. Mais Nathan aimait se rendre dans sa chambre, s'asseoir prêt d'elle et lui raconter sa journée. Elle souriait et lui caressait doucement la tête de sa main toute faible. Une vraie caresse, pas comme celle de son père.
« Hé ! Arrête de craner p'tit con ! »
Nathan sursauta, c'était la première fois qu'il entendait un gros mot. Il se retourna vers son camarade, juste assez vite pour se prendre un violent coup de poing dans le ventre qui lui coupa le souffle. Il se plia en deux et gémis faiblement.
« Ici c'est moi qui fait la loi, p'tite merde, alors quand je pose une question tu répond ! »
Son camarade lui parut soudain géant. Il devait avoir deux ou trois ans de plus que lui, il avait une cicatrice sur le coin de l’œil, petite mais déjà assez impressionnante pour un enfant de sept ans. Il ne rigolait pas. Enfin, si, mais ce qu'il disait était sérieux. Il semblait surtout s'amusait de la peur qu'il lisait dans les yeux de sa victime.
« Tu sais ce que tu es, p'tite merde ? Un fils à papa. Et ici, les fils à papa, on les dresse à coup de poing. »
Un autre coup, cette fois dans la jambe. Nathan tomba à genoux, serrant les dents. Il n'avait jamais subit ça auparavant. La peur le paralysait.
« Tu comprend ?! »
Nathan essaya de se relever mais un autre coup le renvoya au sol.
« Répond ! »
Il déglutit. Les larmes lui montaient aux yeux. Il était comme un animal affolé. Il ne comprenait plus rien à la situation, il ne ressentait que la peur. Il fallait qu'il réponde, et vite, sinon les coups allaient pleuvoir sur son échine, il le sentais.
« O-Oui... »Souffla-t-il.
Un autre coup, plus violent que les autres, qui lui laissa échappé un cri.
« On dit oui, monsieur ! »
« Oui M-monsieur... »
La brute le releva en le tirant par le bras et le poussa vers son lit.
« C'est bien, tu comprend vite. Je sens qu'on va bien s'amuser toi et moi ! »
Il lui jeta au visage une pile de linge froissée si imposante qu'il fallit tomber en arrière. Il tituba et ramassa les vêtements éparpillés par terre. Ce n'était pas les siens, il ne savait pas pourquoi il devait faire cela, mais il sentait qu'il devait le faire. Il ne voulait pas énerver son bourreau. Cela aurait été risquer de prendre un nouveau coup.
« Plie-moi ce linge bien correctement, morveux. Et quand t'aura finit, tu fera mon lit et tu ferait bien de te grouiller parce qu'ici les pions vérifient. Si tu range pas de ton coté aussi, tu te fera engueuler. »
Nathan hocha silencieusement la tête, comme avec son père. Il savait que cela ne servait à rien de s'opposer à ce traitement. Il n'était pas assez fort. Il se releva en trainant les pieds et s'installa sur son lit, commençant sa tâche. De grosse larmes se formèrent au coin de ses yeux. Il avait l'impression que cette sinistre expérience n'était que le commencement de quelque chose de bien plus pénible encore.

~

Nathan avait quatorze ans, à présent. Assis seul à sa table de cantine, prêt de la fenêtre comme toujours. On se tournait vers lui en ricanant. Il était un vilain petit canard. Il les détestaient tous mais en même temps, il avait terriblement peur d'eux. Aujourd'hui encore, il n'arrivait pas à s'asseoir correctement sur sa chaise à cause d'un bleu douloureux dans le bas du dos. Son père savait, il en avait la certitude, il était venu une fois, il avait fait semblant de ne pas voir son égratignure sur le coin de la joue. Elle était plutôt laide pourtant, et enflée. Sa mère, elle, elle n'aurait jamais fait semblant de ne pas voir, elle l'aurait réconforté en lui caressant les cheveux. Mais maintenant elle n'était plus là. Son cancer avait gagné. Elle l'avait laissé tout seul avec ce père bloc-de-glace et cette rage au cœur qui grandissait chaque jour un peu plus sous cette épaisse carapace de peur.
Il frissonna légèrement lorsque Lucio, son cher colocataire et premier bourreau vint s'asseoir à coté de lui. Il en profita au passage pour lui tapoter l'épaule. Nathan grimaça, son épaule était couverte de bleues également et Lucio le savait, la plupart étaient de lui.
« Alors, p 'tite merde, t'es tout seul ? »
Pas de réponse, Nathan savait que répondre ne servait à rien à présent. Le peu de fois où il avait tenté de retrouver sa dignité en faisant preuve de témérité, ça avait été pire. Il fallait mieux se taire, faire comme si ça n'existait pas, se moquer intérieurement. Lucio ne se démonta pas pour autant.
« Hé, fait pas la gueule ! »
Un coup de coude dans les cotes, encore un. Nathan devenait habitué à cette violence gratuite. Il en comprenait enfin le sens, c'était une façon pour les autres de montrer qu'ils lui étaient supérieurs. Un peu comme dans une meute. Il fallait des faibles et des forts. Nathan était un faible, condamné à voir son histoire écrite par les autres. C'est de cela dont il avait le plus peur, de l'impuissance totale qu'il avait sur son destin.
« J'ai appris pour ta mère, p'tite merde... »
Nathan sursauta, il tourna brusquement la tête vers Lucio. Ce dernier le fixait du regard et éclata d'un rire cruel.
« Enfin un peu de réaction, ça fait plaisir, j'avais l'impression d'être un mur. Je n'avais pas tellement envie de devoir te faire comprendre une nouvelle fois qu'il faut me respecter, tu sais. »
Toujours le silence. Nathan attendait. Les coups ou les insultes, l'un ou l'autre, peut-être les deux. Il savait que ça allait arriver, c'était obligé. Lucio fronça les sourcils, ce silence ne lui plaisait pas.
« Ta salope de mère, elle est morte comment ? »
Quelque chose paralysa Nathan. C'était comme une bête qui grondait dans son ventre, qui se débattait dans tout les sens, qui griffait et mordait ses entrailles. Il se mordit les lèvres, il avait mal sans comprendre pourquoi. Cet état de détresse sembla plaire à son bourreau car il continua dans sa lancée.
« Moi, je suis sur que c'était une pute de luxe, ta mère, elle s'est choppé un truc en se faisant sauter par un client et elle a clamsé. Et toi t'es comme elle, une belle petite pute. »
Nathan se leva brusquement, sa chaise tomba derrière lui mais il ne la remarqua pas. La bête déchira ses tripes, son estomac, ses poumons, explosa dans sa poitrine et le brula de l'intérieur pour finir par sortir de sa bouche sous la forme d'un cri strident.
« FERME TA PUTAIN DE GUEULE ! »
La cacophonie qui envahissait habituellement le self s'était tut d'une seule traite. Tout les regards se tournèrent vers Nathan. La victime avait élevé la voix. Tous attendaient de voir ce que le bourreau allait dire. Lucio eut un rictus de colère et se leva à son tour.
« Parle-moi autrement, petit con. »
Nathan leva les yeux vers lui, la peur était là, bien présente. Mais la bête était plus forte. Elle en voulait encore. Elle était là, arrachant chaque parcelles de peur de son être à coup de griffes et de crocs. En temps normal, il aurait fait comme d'habitude. Mais là, il ne pouvait pas. Lucio avait parlé de sa mère. Là, c'était différent.
« Non. »Souffla-t-il.
« Pardon ? »
« Non ! » Reprit Nathan d'une voix plus forte avant d'enchainer « Je ne te parlerait pas autrement, connard ! Fout-moi la paix, casse-toi ! »
Le coup fut si rapide que Nathan ne put l'éviter. Il vacilla mais il tint bon. Une gerbe de sang s'écoulait à présent de sa bouche. Il y eut un moment d'effroi. Puis soudain il vit rouge, il saisit sa fourchette et se précipita sur Lucio. Son esprit perdit le cour des évènements. Mais quand il revint à lui, Lucio était à terre. Recroquevillé sur lui même, son bourreau gémissait en cachant son œil gauche, ensanglanté. Nathan déglutit avec difficulté. Il regarda autour de lui, le silence était total, on le regardait avec effroi. L'angoisse s'empara de lui.
L'angoisse mais aussi une étrange sensation de satisfaction.
Il était enfin maitre de son destin.

~

« Bordel... »
Nathan avait dix-sept ans maintenant. C'était son anniversaire. Il scrutait son téléphone portable, toujours rien. L'année dernière son père avait au moins eut la descence de lui envoyer un SMS mais cette année, il avait oublié.
« Alors, Nath' ? On fait quoi ce soir ? »
Sebastian, Seb' pour les intimes, son bras droit et supposé ami attendait ses instructions patiemment. Ils étaient tout les deux assis sur le trottoir, en pleine rue napolitaine. Ils avaient fugué du pensionnat, encore. C'était facile, même si les surveillants essayaient de les retenir, rien à faire. Ils connaissaient des passages que même leurs gardiens ne connaissaient pas. Une fois dehors, ils s'amusaient, agressaient des inconnus, rackettaient des gosses. Ils s'en prenaient toujours à plus faible qu'eux.Habituellement la bande dont Nathan était le leader était composée de quatre individus -parfois plus-, mais trois d'entre eux étaient retournés chez leurs famille. Nathan avait une mauvaise influence sur eux apparemment. Connerie. Il n'avait fait qu'exacerber ce qui était déjà présent en eux et ce qui le serait toujours.
Nathan savait qu'il déraillait complétement, c'était comme si il dévalait une pente, mais au fond, ça lui allait bien comme ça. Puis ça faisait chier son père aussi, c'était le plus important au fond. Frapper, agresser et menacer, ça permettait surtout de ne pas être frapper. L'attaque était la meilleure défense. C'était presque maladif, il devait frapper. Cela le rassurait. Du moment qu'il avait un contrôle total sur tout, il savait que tout irait bien.
La nuit allait bientôt se coucher, et ils la passeraient sans doute dehors.  Ils commençaient à avoir l'habitude.
« J'en sais rien, Seb'... » Lacha-t-il sans même quitter des yeux l'écran de son portable.
Son ami se pencha au dessus de son épaule d'un air curieux.
« Tu fais quoi ? T'attend un sms de ta copine ? »
Nathan le poussa d'un coup d'épaule.
« Casse-toi ! »
« Ok, ok... »
Seb' savait bien qu'il ne fallait pas trop énerver son ami. Impatient comme il était, Nath' pourrait lui en mettre une si il insistait trop. Il soupira.
« Bon, Nath', je vais aller acheter des trucs à l'épicerie du coin, c'est ton anniv, faut fêter ça ! »
« Ouais, ouais... »
Le soupir de Seb' se transforma en grognement. Nathan n'en avait vraiment rien à faire. Il était décidément insupportable ce soir.
« Bon, je me casse... » déclara-t-il d'une voix sèche.
« Ouais, c'est ça... »Toujours pas plus concerné.
Nathan resta seul assis sur le trottoirs de cette rue déserte. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, à fixer cet écran, quand son horloge indiqua enfin minuit. Il n'avait reçu aucun message. Il poussa soudain un cri de rage et jeta son portable contre un mur. L'écran se brisa au choc et la coque explosa littéralement, éparpillant sur le trottoirs quelques débris de plastiques noirs.
« Bordel ! »
Il avait les larmes aux yeux. Puis, d'un air résigné, il alla ramasser son téléphone. Il fonctionnait encore, malgré son état. Enfin, ce n'est pas comme si son très cher père ne pouvait pas lui en acheter un autre. Si il n'avait pas oublier son existence, ce qui était fort probable. Il tourna la tête et voulu appeler Seb', mais il se rendit compte qu'il n'était plus là. Comment avait-il put ne pas s'en rendre compte ?
« Nathan Vignali ? »
Il tourna la tête. Il y avait devant lui une petite troupe à l'air menaçant. Ils n'étaient pas venus les mains vides, battes de baseball, poings américains, chaine...Rien de tranchant cependant.
« Vous voulez quoi ? »
« Répond-nous juste, gamin. C'est toi Nathan ? »
« Qu'est-ce que ça peut vous foutre ? »
Quelque chose n'allait pas. Il déglutit. Il ne fallait pas qu'il montre sa peur, il ne fallait pas qu'il montre qui se sentait menacé.
« Je prend ça pour un oui... »
Il n'eut pas le temps de réagir. L'homme lui assena un violent coup de batte dans le genoux, il entend un craquement sinistre et tomba au sol. La douleur le submergea peu après. Il perdait complétement le contrôle de la situation, la peur reprenait le dessus. Celui que l'on avait apprit à surnommer le Tyran redevint l'enfant terrifié. Il ne bougea pas, ne cria que pour gémir de douleur. D'autres coups vinrent, ses os craquèrent, son sang coula, tout son corps devint un amas de douleur. Il lui semblait vers la fin qu'il pouvait se voir clairement, hors de son corps, rué de coups, le visage inondé de larmes. Il se trouva misérable, il haïssait ce jeune homme prostré sur le trottoir et en vint à se demander si c'était vraiment lui. Il se demanda si il était mort et si le Nathan qu'il voyait rué de coups au sol n'était pas sa dépouille. Puis tout devint noir.

~

Lorsqu'il se réveilla, la première chose qui vint fut la douleur. Puis la lumière filtra à travers ses paupières mi-close. Il sut qu'il était vivant et se demanda un instant si il n'aurait pas préféré mourir.
Quand la raison lui revint complétement, il se rendit compte qu'il était dans une chambre d’hôpital. Tout était trop lumineux pour ses...Enfin, pour son œil. L'un de ses yeux était recouvert d'un bandage, il se demanda un instant si il ne l'avait pas perdu. Il remarqua que sa jambe était dans un plâtre, son bras aussi et que chaque mouvement était était douloureux.
Il essaya de se redresser, sans succès. Sa respiration était difficile, il voulu appeler à l'aide mais le peu de fierté qu'il lui restait l'en empêcha. Il reposa la tête sur son oreiller et s'aperçut soudain de la fatigue extrême dans laquelle il se trouvait. Le sommeil l'emporta rapidement et il dormit d'un sommeil sans rêve.
Lorsqu'il s'éveilla de nouveau, il était déjà plus tard dans la journée. Une personne était à ses cotés, debout, le fixant. Il lui fallut du temps pour s'apercevoir de son identité.
« P-père ? »
Même sa bouche était douloureuse. Sa voix était enrouée et fragile, tremblante, comme elle l'avait été quand il avait supplié son père de ne pas l'envoyer à l'internat.
« Nathan... »
Son père le regardait tranquillement, ne semblant pas s'inquiéter de l'état de son fils. Il s'assit tranquillement sur une chaise à coté du lit sans quitter le jeune homme du regard.
« Je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient si violents avec toi à vrai dire. »
Nathan ne comprit pas le sens de cette phrase. Son air perdu sembla agacer son père qui continua.
« Enfin, je suis tranquille pour quelque mois avec ça. J'espère que ça te calmera sur le long terme... »
Nathan se redressa du mieux qu'il put.
« P-pardon ? »Sa voix était encore plus tremblante qu'avant. Elle était si faible qu'elle semblait sur le point de mourir au fond de sa gorge.
Son père fit un geste agacé de la main et ajouta sèchement.
« C'est moi qui t'ait envoyé ces bons à rien. Pour te donner une leçon que je ne pouvait pas me permettre de te donner moi-même. »
Nathan resta stupéfait. Il ressentit une sorte de nausée, un désespoir glacé, comme si son cœur était définitivement en train de pourrir de l'intérieur. Son père ne parut pas remarquer cet effroi, si il s'en rendit compte, il ne le montra pas. Il poursuivit de sa voix dépourvu d'émotions son sinistre discours.
« Je ne peux pas me permettre d'avoir un délinquant comme fils, Nathan. Je t'avais déjà prévenu auparavant. Tu as dépassé les limites, voilà ma réponse. Tu ne m'as pas laissé le choix. Tu es le seul coupable de ce qui t'arrive. »
Nathan baissa la tête, il s'aperçut soudain qu'une larme venait de couler le long de sa joues.
« Que dirait ta mère... »
Il essuya soudainement les larmes qui glissaient sur ses joues d'un geste rageur et répliqua d'un ton amer et tremblant.
« Ma mère est morte. Elle ne peut plus rien dire. Et avec tes foutues conneries j'aurais pu la rejoindre. »
Alexandro le regarda d'un air stupéfait. C'était la première fois que son fils haussait la voix contre lui. C'était la première fois qu'il osait lui répondre. Il n'eut pas le temps de répliquer que Nathan leva brusquement la tête vers lui, son visage était rouge, des larmes coulaient le long de son unique œil visible, mais le bandage qui couvrait l'autre était également humide. Il ne l'avait jamais vu pleurer comme ça non-plus.
« Mais c'est ce que tu aurais voulu, au fond, que je crève. Que je te foute la paix une bonne fois pour toute. »
Alexandro resta muet. Ce silence fut comme un poignard dans le cœur de Nathan car il voulait dire oui. Il secoua la tête en riant amèrement.
« Allez, fout le camp vieux con, je te causerait plus de problèmes, va... »
« Nathan... »
« LA FERME ET FOUT LE CAMP ! »
Il avait crié. Malgré sa gorge douloureuse, malgré le désespoir qui l'envahissait. La bête était toujours là, tapis dans son ventre, furieuse et aussi désespérée que lui. Son père voulu dire quelque chose mais resta muet, il se retira sans un bruit. Une fois seul, Nathan se laissa retomber lourdement sur son lit et grimaça lorsque son corps protesta de douleur. Il se sentait vide, complétement vide.
« Bordel... »
Il regarda un instant la fenêtre. Il se demanda si ce n'était une bonne idée de se jeter dans le vide, de s'écraser au sol, d'arrêter tout. De faire plaisir à son père puisque apparemment la seule façon de le rendre fier maintenant était de disparaître. Cette pensée l’écœura.
Il réalisa soudain quelque chose. Son père avait peur de lui. C'était pour cela qu'il devait disparaître. Couché sur son lit d’hôpital, le regard fixé au plafond, il pensa alors qu'il avait été battu, humilié, réduit à l'état de vulnérabilité qu'il avait eut tant de mal à quitter. Il pensa qu'il avait pleuré devant son père. Il se jura que ce serait la dernière fois. Plus personne ne le verrait pleurer. Car il n'y aurait aucune raison de pleurer. Il deviendrait plus fort. Il ferait en sorte que son cœur déjà à moitié mort se recouvre d'une plaque de métal indestructible. Il se dit qu'il ne pleurerait plus car il ne pourrait plus rien ressentir. Cette pensée l'apaisa.
Un bruit métallique lui fit tourner la tête. Une jeune fille en fauteuils roulant venait d'entrer dans sa chambre, le regard vide, l'air perdue.
« Fout le camp, morveuse, tu t'es trompé de chambre. »
Elle ne répondit pas. Nathan remarqua qu'elle tenait un ensemble de crayons de couleurs entre ses mains. Sept exactement. Aux couleurs de l'arc-en-ciel. Nathan pensa un instant qu'il avait tord, que la jeune fille ne s'était pas trompé de chambre. Qu'elle avait, en quelque sorte, tout à fait sa place ici.
« Bonjour petite couleur perdue… Astrid est là, Astrid est venue te sauver, n’aie plus peur… Astrid est seule aussi, veux-tu jouer avec Astrid ? »
Nathan cligna des yeux et fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'elle racontait ? Cela n'avait aucun sens. Et étonnamment, cela lui semblait tout à fait normal en même temps. Un crayon tomba au sol, puis un deuxième...
« Bah, pourquoi pas après tout... »
La jeune fille esquissa un sourire et commença à chanter. Nathan se sentit soudain somnolent. Il lutta comme il put contre la fatigue soudaine qui l'envahissait puis se rendit compte que la douleur disparaissait au fur et à mesure que la jeune fille chantait. Il reposa alors sa tête contre son oreiller et ferma doucement les yeux. Il avait donné son accord pour jouer après tout. Quelque soit le jeu que la gamine lui proposerait, il se jura qu'il ne perdrait pas. Il se jura en sombrant dans un sommeil qui ressemblait à la mort qu'il ne perdrait plus jamais. Contre personne.
Et surtout pas contre son père.
       



       

IV- 1, 2, 3, qui est derrière toi ?


       

       Pseudo : Eno-chan

       Comment avez-vous trouvé ce forum ? C'est lui qui m'as trouvé  What a Face

       Avez-vous des suggestions pour l’améliorer ? Beaucoup, mais on s'en fout donc on va dire que non.

       Avez-vous des remarques à faire ? La clé de l'énigme se trouve sous tes yeux (sérieux, je le connais par cœur maintenant...)
       



       
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